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1. Qui a écrit que la nature avait horreur du vide ?

a.Pascal
b.Descartes
c.Evelyne Thomas


Bonne réponse : a. Evelyne Thomas en aurait été bien incapable. Pour Descartes, la matière est radicalement différente de la pensée, et comme la nature est essentiellement étendue (matière avec forme) il ne peut lui prêter de sentiment ni d'âme. Ce que n'hésite pas à faire Pascal…

2. Par quel Saint Descartes a-t-il été très influencé ?

a. Saint Thomas d'Aquin
b. Saint Augustin
c. Saint Emilion, le saint des philosophes sous les ponts.

bonne réponse : b. C'est notamment chez saint Augustin que l'on trouve une preuve ontologique de l'existence de Dieu, que reprendra Descartes pour développer la thèse selon laquelle il y a forcément plus d'existence et de perfection dans la cause que dans l'effet et que l'existence est une perfection… Donc Dieu qui m'a créé doit posséder l'existence au plus haut point.

3. A quoi se rapportent Barbara Celarent Darii Ferio ?

a. C'est le prochain Casting pour la Star'Ac.
b. C'est une méthode pour retenir les syllogismes de première figure.
c. C'est une méthode pour retenir l'alphabet grec, mise au point par Erasme.

bonne réponse : b. Un syllogisme se compose de trois termes, unis deux à deux dans trois propositions élémentaires, chacun d'eux revenant deux fois. L'un de ces termes sert à accomplir la médiation entre les deux autres : c'est le moyen terme. Les deux propositions où il figure sont les prémisses. Le sujet de la conclusion est appelé "mineur" (ou petit terme), son prédicat "majeur" (ou grand terme). La prémisse où figure le majeur est la "majeure", celle où figure le mineur est la "mineure". Aristote a inventé cette logique dite « des prédicats » et les raisonnements les plus purs sont appelés syllogismes de première figure. Barbara, celarente, darii et ferio sont en réalité des codes : l es différentes propositions sont codées par les voyelles des noms du syllogisme (exemple: dans B A RB A R A la majeure, la mineure et la conclusion sont des affirmatives universelles).

 

4. Selon rousseau, quelle est l'origine de l'inégalité ?

a. le progrès
b. le travail
c. la propriété

bonne réponse : c. Dans son discours sur l'origine de l'inégalité, Rousseau consacre une grande partie de son travail à la description de l'âge d'or que l'homme quitte pour ériger la société. Il développe alors l'habitat, se sédentarise… et c'est justement cette installation durable qui est à l'origine du sentiment de propriété, si mauvais pour l'espèce humaine.
Rousseau écrit dans un passage célèbre :

« Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.

Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables :

" Gardez-vous d'écouter cet imposteur; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne ! " »

 

 

 

5. Quel philosophe ne fait pas partie du XXè siècle ?

a. Cioran
b. Sartre
c. Rousseau

bonne réponse : c. Rousseau est né à Genève en 1712 et il est mort à Ermenonville en 1778.

6. Quelle proposition est fausse ?

a. selon Kant : est beau ce qui plaît universellement sans concept.
b. selon Kant : est beau ce qui plaît à chacun individuellement
c. selon Kant : est beau ce qui ressemble à Evelyne Thomas.

Bonne réponse : a. Evelyne Thomas n'est pas belle, avec ou sans concept.
La formule très célèbre de la réponse -a- signifie que, contrairement au vrai, le beau se discerne sans que l'entendement puisse fournir de justification. En d'autres termes, il ne peut y avoir de règle universelle permettant de juger à coup sûr qu'une chose est ou sera belle : la beauté ne peut se discerner qu'à l'occasion d'une rencontre avec la chose. C'est dans l'expérience de la beauté que la beauté nous apparaît. Il n'y a pas de règle permettant de discerner la beauté. Pour que la beauté soit définissable conceptuellement, il faudrait qu'elle soit réellement une propriété objective de la chose. Or il n'en est rien : l'universalité du jugement de beauté est seulement subjective !

7. Qui n'a pas écrit ses Méditations :

a. Descartes
b. Husserl
c. Démocrite

bonne réponse : C. Descartes a écrit les « méditations métaphysiques », tandis qu'Husserl a écrit ses « méditations cartésiennes ». Ils sont d'un compliqué ces philosophes !

8. Pour quel philosophe l'art est-il moralement condamnable ?

a. Platon
b. Artistote
c. Nietzsche

bonne réponse : a. Platon a une vision critique de l'art et de l'artiste bien qu'il approuve certaines formes religieuses et moralisantes de l'art. Son approche est reliée à sa théorie des Idées. Une belle femme, par exemple, est une copie ou imitation des formes universelles « femme » et « beauté ». La femme physique n'est pas la femme « idéelle » qui la définit essentiellement. Cela signifie également que l'artiste est éloigné de la connaissance et, en effet, la critique fréquente de Platon à l'égard des artistes consiste à dire qu'ils ne possèdent pas une connaissance réelle de ce qu'ils font, et qu'en conséquence ils doivent être chassés de la cité. Leur art est mensonge, imitation, reflet, donc condamnable.


9. La théorie du retour éternel des choses doit elle être attribuée à :

a. Nietzsche
b. Socrate
c. Héraclite

bonne réponse : a. La pensée de l'éternel retour est estampillée « Nietzschéenne » mais on trouve des pensées de l'éternité du monde, du retour du Même, du temps cyclique chez les stoïciens également. Cette idée convient à la philosophie de Nietzsche qui affirme une adhésion au Destin et oppose la plénitude de ce qui est, de la force vitale qui tour à tour crée et détruit ce qu'elle a créé.
C'est aussi un moyen pour Nietzsche qui n'aimait pas la morale de fonder une certaine éthique : si je n'ai pas peur du Destin, que j'affirme un grand OUI à la vie, je n'aurai pas peur du retour éternel des choses, au contraire, je voudrais qu'elles arrivent.

10. Le cœur, la raison, le divertissement, la chasse sont des termes caractéristiques que l'on retrouve sous la plume de :

a. Pascal
b. Leibniz
c. Spinoza

bonne réponse : a. Selon Pascal, l'homme est un être agité et inquiet qui pour se détourner de sa misère et de son impuissance, se divertit dans des occupations vaines et inessentielles qui finissent par le détourner de Dieu.

11. Si je crois que Dieu est partout et qu'il est l'univers lui-même je suis :

a. Prothésiste
b. Agnostique
c. Panthéiste

bonne réponse : c. Le mot vient du grec Pan (tout) et Théos (dieu). Le panthésite adhère au panthéisme, une religion de la nature qui considère que le monde et Dieu ne font qu'un. Dieu est donc immanent à tout ce qui existe.


12. Qui pense que nous nous croyons libres parce que nous ne connaissons pas toutes les causes qui nous déterminent ?

a. Netzsche
b. Spinoza
c. Michal

bonne réponse : b. Spinoza aurait dit à Michal que le vol de son orange n'est en aucun cas un acte libre et qu'il est au contraire déterminé. Pourquoi ? Parce que selon lui, l'univers tout entier y compris la volonté humaine est soumis à la nécessité du système des causes et des effets. Aucun effet n'est sans cause donc, quand nous agissons, nos actes sont forcément causés par quelque chose ou quelqu'un, même si nous n'en avons pas conscience. Et oui Michal, relis ton Spinoza (Ethique livre 1, prop 29, prop 33 et scolie 1).

13. Que signifie « a priori » dans la philosophie de Kant ?

a. peut être ou peut être pas
b. avant que le monde ne soit créé.
c. Avant toute expérience

bonne réponse : c. Chez Kant ce terme désigne tout ce qui est antérieur à l'expérience et indépendant de cette dernière. Donc est a priori tout ce qui appartient à notre faculté de connaître avant même que celle-ci fasse l'expérience du réel. L'a priori est indépendant de toute origine sensible. Il faut bien qu'il y ait des formes « a priori » de la sensibilité (avec des catégories déjà créées, des cases vides…) pour que le réel sensible y rentre et y soit analysé. Bon là je schématise à mort, mais c'est juste.

 

14. Selon Kant, le réel est intelligible car :

a. Dieu l'a voulu tel.
b. Notre esprit l'organise pour l'analyser
c. C'est comme ça et pas autrement.

bonne réponse : b. Notre esprit possède des catégories dans lesquelles entrent les différents aspects de la réalité extérieure pour y être analysées. Si le réel n'était absolument pas intelligible, nous ne pourrions en faire l'analyse, mais en même temps, si nous ne possédions a priori aucune des catégories pour l'analyser, nous serions incapables de le déclarer intelligible. Bien vu, Kant !

15. La maïeutique c'est :

a. une recette grecque à base d'olives noires
b. une technique socratique pour faire accoucher l'âme des réponses qu'elle contient
c. une expérience impossible à faire dans le monde sublunaire d'après Aristote.

bonne réponse : b. en grec le Maieutikon, ça signifie l'art d'accoucher. Et Socrate, d'après ce que nous en dit Platon était un grand accoucheur… d'âmes ! Sa méthode pour accoucher les esprits passe par un « jeu » de questions/réponses : c'est l'ironie (du grec eironeia, interrogation) qui tend à faire prendre conscience à l'interlocuteur de son savoir véritable (voir le Théétète).
Oui je sais je me la pète en grec ancien, et alors !?



16. L'homme est un animal politique, par nature. Qui le dit ? 

a. Aristote
b. Pas moi.
c. Hobbes

bonne réponse : a. Quelle très grande phrase ! Elle signifie non pas que l'homme est un animal grégaire au même titre que les abeilles ou les chèvres, parce qu'il peut tout à fait vivre en dehors de la société, seul. Mais l'homme, contrairement aux animaux mus par leurs seuls instincts, peut faire mieux que survivre… il doit « Bien vivre ». Et pour bien vivre il lui faut la société. C 'est là qu'il s'épanouit.

17. Qui a dit : l'homme est la mesure de toute chose ?

a. Protagoras
b. Hippias
c. Platon

bonne réponse : a. On croit souvent que c'est Platon, mais c'est faux ! Ces propos sont ceux de Protagoras, rapportés par Platon dans son dialogue homonyme.
Qu'est ce que Protagoras voulait dire ? Que la validité de l'institution n'est pas démentie par la variabilité de la coutume et de la loi. En gros, ce n'est pas parce qu'il y a plusieurs lois et des coutumes différentes selon les pays et les peuples que les institutions doivent être remises en cause. C'est à l'homme de fixer les lois, de les adapter, de les faire évoluer… contre la nature parfois. La position contraire à celle de Protagoras soutient que la nature fournit des considérations normatives qui doivent prévaloir sur celles de la coutume et de la loi.

18. Pour Freud, la sublimation c'est :

a. La faculté de rêver éveillé
b. Le pouvoir de transformer nos pulsions sadiques en peintures allemandes horribles et très très chères.
c. La transformation de nos pulsions sexuelles en valeurs acceptables par la société.

bonne réponse : c. Pour Freud, nos pulsions sexuelles peuvent être dérivées, détournées vers des buts non sexuels et socialement valorisés, surtout dans les domaines artistiques et intellectuels. Mais c'est pas une raison pour faire n'importe quoi non plus.


19. La durée, l'intuition… sont des concepts typiques de :

a. Bergson
b. Spinoza
c. Nietzsche

bonne réponse : a. Selon Bergson, la durée caractérise aussi bien la matière que le vivant et la vie psychique. C'est le changement et la mobilité considérés universellement. La durée est saisie par l'intuition, par une sympathie immédiate qui fait correspondre l'objet avec la conscience de l'objet.
Ce qu'Evelyne Thomas n'a jamais réussi à comprendre, elle.
20. Si Nietzsche et Kant se rencontraient ils seraient plutôt du genre :

a. à faire copain-copain
b. à s'insulter en grec ancien
c. à relire Les méditations métaphysiques de Husserl.

bonne réponse : b. On doute qu'ils puissent être amis tant leurs systèmes sont différents et tant Nietzsche n'a eu de cesse, de son vivant, de critiquer ce moraliste de Kant. On pouvait aussi éliminer la troisième réponse car Husserl est né après Kant et Nietzsche, donc ces derniers n'auraient pas pu le lire. Néanmoins, les deux hommes connaissaient le grec ancien. Nietzsche était même un helléniste émérite.







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